Inondations à Vaugrigneuse
Deux démarches avancent en parallèle : un chantier communal contre le ruissellement, et un plan de l’État sur le débordement de la Prédecelle.
Deux lectures
D’où vient l’eau
À Vaugrigneuse, l’eau n’arrive pas toujours de la même façon. Le chantier communal répond au ruissellement. Le PPRI de l’État répond au débordement.
- Ruissellement. Lors d’une forte pluie, l’eau descend les terrains, les chemins ou les champs et peut entrer dans une maison sans que la rivière déborde. C’est le cas du versant agricole de la rue du Bois des Nots. La commune et le Syndicat de l’Orge y répondent par des travaux, décrits juste après.
- Débordement. La rivière sort de son lit et submerge le fond de vallée. C’est ce que cartographie et encadre le plan de prévention du risque d’inondation (PPRI) de la Prédecelle, plus bas sur cette page.
La pluie des versants sert à calculer le débit de la rivière dans les modèles du PPRI. Le zonage, lui, ne couvre que les terrains submergés par la rivière. Une habitation inondée par le seul ruissellement agricole, hors du lit de la Prédecelle, n’est pas réglementée par ce plan. La préfecture l’a confirmé le 5 novembre 2025.
Le ruissellement du bassin de la Rémarde fait l’objet d’une étude distincte du Cerema. La préfecture indique qu’elle donnera lieu à un porter à connaissance séparé, encore en préparation.
Travaux rue du Bois des Nots, à partir du 19 octobre 2026
Le Syndicat de l’Orge et la commune engagent des aménagements d’hydraulique douce en bas du champ de la rue du Bois des Nots. La commune a acheté le terrain en septembre 2026. Le chantier commence le 19 octobre 2026.
Lors des forts orages, l’eau qui dévale cette parcelle cultivée gagne la route, puis descend vers la rue de l’Orme Gras et le bas du village. Elle emporte aussi de la terre vers les canalisations et la Prédecelle.
Trois ouvrages doivent casser cette descente :
- Un merlon enherbé d’environ 160 mètres le long de l’accotement, haut d’une trentaine de centimètres. Il maintient l’eau sur le champ, au lieu de la laisser couler sur la chaussée, et la dirige vers une mare.
- Un talus d’environ 180 mètres, sur lequel une haie sera plantée. Il retient une partie des écoulements et les laisse s’infiltrer. Le surplus est renvoyé vers les mares.
- Deux mares tampons, creusées sans bâche pour que l’eau s’infiltre. Chacune garde un fond en eau une bonne partie de l’année, favorable aux amphibiens et aux plantes, et un volume plus large qui ne se remplit que lors des pluies. La première offre environ 850 m² de stockage temporaire, la seconde environ 450 m². L’eau en trop repart ensuite lentement, par un petit tuyau, vers un regard ou le fossé déjà en place. La partie en eau permanente sera close par une ganivelle.
On en attend moins d’eau et de boue dans les rues lors des orages, et moins de terre dans les réseaux et la rivière. Ces ouvrages concernent le ruissellement de ce versant. D’autres secteurs du village, comme la rue de la Fontaine ou l’impasse des Rivières, restent suivis par d’autres actions.
Le PPRI de la Prédecelle
Le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) de la Rémarde, de la Prédecelle et de la Charmoise est élaboré par l’État. Vaugrigneuse y est concernée par la Prédecelle, dont le PPRI a été prescrit par arrêté préfectoral du 19 décembre 2000.
Le dossier consultable aujourd’hui est un projet, daté du 22 juillet 2026 : notice, règlement et cartes. Il ne s’applique pas encore. Il deviendra une servitude d’utilité publique, annexée au plan local d’urbanisme, seulement après l’avis des communes, l’enquête publique et l’approbation par le préfet.
Les paragraphes qui suivent résument ce projet pour que chacun puisse se faire un avis. Pour une parcelle, seules les cartes et le règlement de la préfecture font foi. Le projet peut encore changer à l’issue de la concertation et de l’enquête.
Où en est la procédure
- Concertation du public, en cours. Le registre a été rouvert le 7 septembre 2026, après la mise à jour des pièces. Il reste disponible à l’accueil de la mairie jusqu’au début de l’enquête publique. La concertation sera retracée dans un bilan joint au dossier d’enquête.
- Avis officiel des communes. Avant l’enquête, le projet est soumis aux conseils municipaux et à l’intercommunalité compétente en urbanisme. C’est à cette étape que la commune rend un avis.
- Enquête publique. Chacun pourra à nouveau déposer des observations. Le maire est entendu par le commissaire enquêteur.
- Approbation par arrêté inter-préfectoral. Le PPRI s’impose alors aux particuliers, aux entreprises et à la commune.
Les études ont été présentées aux élus lors de réunions d’association : le 11 février 2019, le 11 octobre 2022, le 5 novembre 2025 (aléa de débordement finalisé) et le 26 juin 2026 (cartes et projet de règlement). En décembre 2025, l’État a déjà transmis aux communes un porter à connaissance de cet aléa, avec des recommandations pour instruire les permis tant que le PPRI n’est pas approuvé.
À quoi sert un PPRI
C’est un document réglementaire et cartographique de l’État. Son but est de ne pas aggraver l’exposition des personnes et des biens, et d’en réduire la vulnérabilité. Il a trois fonctions.
1. Cartographier le risque
Des modélisations hydrauliques estiment, en chaque point, la hauteur d’eau et la dynamique de la crue pour une crue de référence. Ici, faute de crue historique plus forte, la référence est la crue centennale : une crue qui a une chance sur cent de se produire chaque année. Le croisement de la hauteur et de la dynamique donne quatre niveaux d’aléa, de faible à très fort.
Sur la Prédecelle, comme sur la Charmoise, la montée des eaux est rapide, supérieure à 20 cm par heure. Cette rapidité rehausse le niveau d’aléa par rapport à une crue lente de même hauteur. La Rémarde elle-même monte plus lentement.
2. Encadrer l’urbanisme
Le croisement de l’aléa et de l’occupation du sol (centre urbain, autre zone urbanisée, zone non urbanisée) produit un zonage et un règlement. Une fois le PPRI approuvé, ces règles s’ajoutent à celles du PLU. Le PLU de Vaugrigneuse identifie déjà une zone de débordement de la Prédecelle : le futur PPRI viendra la compléter, il ne l’efface pas d’ici là.
3. Réduire la vulnérabilité de l’existant
Le règlement peut imposer aux bâtiments déjà construits des mesures de prévention : placer hors d’eau les équipements sensibles, stocker les produits dangereux au-dessus du niveau de crue, choisir des matériaux résistants à l’eau lors de travaux intérieurs. Les établissements sensibles, les installations classées et les gestionnaires de réseaux ont en plus un diagnostic de vulnérabilité. Ces obligations ne peuvent pas dépasser 10 % de la valeur du bien à la date d’approbation, et doivent être réalisées dans les cinq ans.
Le PPRI n’est pas un programme de travaux collectifs. Deux financements distincts existent :
- Le fonds Barnier peut aider les mesures que le PPRI approuvé rend obligatoires sur un bien existant. Pour un logement, le projet de notice rappelle un taux pouvant atteindre 80 % des dépenses éligibles, dans la limite de 36 000 € par bien et de 50 % de sa valeur.
- Le PAPI (programme d’actions de prévention des inondations), porté sur notre bassin par le Syndicat de l’Orge, est l’outil qui peut financer des aménagements collectifs : mares, noues, fossés. La connaissance produite par le PPRI lui est utile. L’approbation du PPRI n’ouvre pas, à elle seule, ces crédits.
Ce qui changerait, une fois le plan approuvé
Les trois fonctions ci-dessus se traduisent ainsi pour un habitant ou un projet de construction.
- Permis de construire. En zone rouge, une maison nouvelle serait en principe refusée. En zone bleue, elle devrait respecter des règles de construction. Jusqu’à l’approbation, c’est le porter à connaissance de décembre 2025 qui peut déjà être pris en compte dans l’instruction d’un permis.
- Maisons déjà construites. Certaines mesures de réduction de la vulnérabilité deviendraient obligatoires, dans la limite de 10 % de la valeur du bien et dans un délai de cinq ans, avec une aide possible du fonds Barnier.
- Assurance. La garantie catastrophes naturelles existe que la commune ait un PPRI ou non. Après approbation, un bien construit en violation du plan, ou qui n’aurait pas fait l’objet des mesures obligatoires dans le délai, peut ne plus être garanti par l’assureur.
- Information et secours. Le maire doit informer les habitants et tenir à jour les repères de crue. Une commune couverte par un PPRI approuvé doit aussi avoir un plan communal de sauvegarde.
Le projet ne crée pas, à lui seul, de digue, de bassin ou de financement pour ces ouvrages. Ces travaux relèvent d’autres démarches, notamment du PAPI. Rue du Bois des Nots, c’est précisément le chantier décrit plus haut.
Ce que les cartes montrent à Vaugrigneuse
Quatre planches au 1/5 000 couvrent la commune, numérotées 30 à 33. Le bourg est sur la planche 31, le sud de la commune sur la planche 32.
Le zonage coloré suit le fond de vallée de la Prédecelle et les plans d’eau. Le village, installé sur le coteau, est en grande partie en dehors de cette enveloppe. Le long du cours d’eau, le projet du 22 juillet 2026 distingue surtout :
- une zone rouge foncé, non urbanisée, laissée à l’expansion des crues ;
- une zone rouge clair, là où du bâti existe déjà en aléa fort ou très fort.
La zone bleue du règlement correspond aux secteurs urbanisés exposés à un aléa faible ou modéré. Les constructions nouvelles y sont possibles sous prescriptions. La couleur exacte d’une parcelle se lit sur la carte réglementaire, pas sur cette page.
Dans toutes les zones rouges, le principe est d’interdire les constructions nouvelles, avec des exceptions limitées. Le bâti existant n’est pas remis en cause : il peut être adapté pour mieux résister à la crue. En zone bleue, de nouvelles constructions sont autorisées si elles respectent les prescriptions, par exemple sur la hauteur du premier plancher et les sous-sols.
Les pièces à consulter
Version du projet datée du 22 juillet 2026, publiée par la préfecture de l’Essonne. Les planches ci-dessous sont celles de Vaugrigneuse.
Le projet
- Flyer : ce que le PPRI change pour vous (PDF, nouvelle fenêtre)
- Projet de notice de présentation (22 juillet 2026) (PDF, nouvelle fenêtre)
- Projet de règlement (22 juillet 2026) (PDF, nouvelle fenêtre)
Cartes réglementaires de Vaugrigneuse
- Planche 30, nord de la commune (PDF, nouvelle fenêtre)
- Planche 31, le bourg (PDF, nouvelle fenêtre)
- Planche 32, sud de la commune (PDF, nouvelle fenêtre)
- Planche 33, limite avec Saint-Maurice-Montcouronne (PDF, nouvelle fenêtre)
Cartes d’aléa, d’enjeux et atlas
- Aléa, planche 31 (le bourg) (PDF, nouvelle fenêtre)
- Aléa, planche 30 (PDF, nouvelle fenêtre)
- Aléa, planche 32 (PDF, nouvelle fenêtre)
- Aléa, planche 33 (PDF, nouvelle fenêtre)
- Enjeux, planche 30 (PDF, nouvelle fenêtre)
- Enjeux, planche 31 (le bourg) (PDF, nouvelle fenêtre)
- Enjeux, planche 32 (PDF, nouvelle fenêtre)
- Enjeux, planche 33 (PDF, nouvelle fenêtre)
- Atlas des aléas, toutes communes (PDF, nouvelle fenêtre)
- Atlas réglementaire, toutes communes (PDF, nouvelle fenêtre)
Le porter à connaissance de décembre 2025 (nouvelle fenêtre) et l’ensemble des comptes rendus sont regroupés sur la page de la préfecture (nouvelle fenêtre).
Donner son avis sur le PPRI
Les documents mis à jour à l’été 2026 sont consultables à l’accueil de la mairie. Chacun peut y inscrire ses observations sur le registre. Elles peuvent aussi être envoyées à la direction départementale des territoires de l’Essonne. Cette concertation dure jusqu’au début de l’enquête publique.
- Registre papier, à l’accueil de la mairie, 1 rue Héroard. Accueil du public : mardi et jeudi de 13h30 à 18h, les 2e et 4e samedis du mois de 9h à 12h.
- Courriel : [email protected]
- Courrier : Direction départementale des territoires de l’Essonne, service environnement, bureau de la prévention des risques naturels et des nuisances, boulevard de France Georges Pompidou, TSA 71103, 91010 Évry-Courcouronnes Cedex.
Une observation est plus utile si elle porte sur un lieu précis, une carte ou une règle du projet : une maison ou un terrain qui semble mal classé, un niveau d’eau observé lors d’une crue, un accès qui serait coupé, une activité difficile à exercer sous la règle proposée.
La commune recueille aussi vos questions pour préparer l’avis du conseil municipal.
Dossier sur le site de la préfecture (nouvelle fenêtre) Écrire à la DDT Écrire à la mairie
Les actions déjà engagées par la commune
Point d’étape publié le 16 janvier 2025. Ces démarches portent sur le ruissellement, les fossés et les réseaux. Elles se poursuivent indépendamment du PPRI, qui ne les remplace pas.
Collaboration avec le Syndicat de l’Orge
Une étude des zones à risque de ruissellement rural est menée dans le cadre du PAPI de l’Orge. Des aménagements ont été proposés depuis la rue du Bois des Nots jusqu’au bas du village, rue de l’Orme Gras :
- création d’une mare tampon sur une parcelle de 900 m²
- mise en place d’une noue et d’un fossé à redents en amont
Un dossier de subvention était en cours. La mairie était en phase d’acquisition de la parcelle. Depuis, le projet a été précisé : deux mares, un merlon et un talus. Le terrain a été acheté en septembre 2026 et les travaux commencent le 19 octobre. Le détail est dans la partie Travaux du Bois des Nots.
Programme de prévention des inondations Orge-Yvette (nouvelle fenêtre)
Études, fossés et réseaux
Le Parc naturel régional étudiait un fossé transversal le long du mur du château pour détourner les eaux pluviales vers la Prédecelle.
D’autres secteurs avaient été signalés : rue du Chemin Tournant, impasse des Rivières, rue de la Fontaine. Un curage des fossés de la rue de la Fontaine était programmé avec la CCPL.
Une inspection nocturne des réseaux a été réalisée les 16 et 17 décembre 2024. D’autres contrôles (télévision, colorant, NH4) étaient en cours. Une campagne de conformité des habitations a débuté le 27 janvier 2025. Une réunion publique avec le Syndicat de l’Orge devait en présenter les résultats.